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Mieux voir

Cette réappropriation a une première vertu : conduire à regarder plus attentivement les films. En 2013, Amandine Poirson encadre par exemple un groupe de jeunes adolescents à Château-Renault pour un atelier Passeurs d’images, sept jours entièrement consacrés à la question de l’archive, en s’appuyant sur les collections de films amateurs collectés par le pôle patrimoine de Ciclic. Dans le temps imparti, la réalisatrice choisit d’élaborer une série d’exercices pour amener son public à prendre conscience de la singularité des documents auxquels il fait face : observer les scènes et les personnes filmées pour inventer des dialogues plausibles que les enfants jouent eux-mêmes ou intègrent au film à travers des intertitres ; identifier des lieux filmés dans le passé et aujourd’hui disparus pour qu’ils deviennent le point de départ d’une enquête et d’entretiens avec des habitants… Chaque image est ainsi susceptible de devenir un jeu, un rébus à déchiffrer qui permet de dépasser les premières impressions, souvent négatives, que peuvent provoquer des images en noir et blanc, muettes, et dans le cas de films amateurs, parfois décousues. Non seulement, cette approche ludique amène les enfants à mieux voir, mais aussi à appréhender l’évolution des techniques audiovisuelles, à comprendre que les images peuvent être interrogées de multiples manières et qu’eux-mêmes, à partir d’un corpus identique, peuvent imaginer des histoires de fantômes, raconter l’évolution de leur commune ou même détourner ces documents et inventer encore d’autres récits.

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