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Témoignages d’étudiants

Elie

J’ai participé deux années de suite à l’atelier, en 2017 et en 2018. L’un des points les plus riches a été d’apprendre à faire “naître” un projet de création, à travers une note d’intention tout d’abord, qui est une étape décisive notamment dans la production. Une fois que les projets étaient suffisamment mûrs, une fois que nous étions parvenus à mettre des mots sur notre « désir de film », nous étions très libres et même encouragés à expérimenter. Ce qui comptait vraiment, je crois, c’était d’identifier le lien affectif qui justifiait notre film. À partir de là, j’ai découvert que l’approche documentaire pouvait correspondre à un répertoire très varié de récits, de formes, d’émotions, ce que je ne soupçonnais pas quelques années plus tôt.

De plus, l’atelier obligeait à s’interroger sur les outils numériques. En y repensant, je crois qu’il existe aujourd’hui très peu de lieux où nos usages du numérique deviennent sujet à discussion, alors que c’est central. Emmanuel, Clément et Frédérique avaient à cœur de repartir de la notion de rencontre, si bien que ce n’étaient plus les qualités fonctionnelles du numérique qui entraient en ligne de compte mais la place qu’il réservait à l’humain. Ces questionnements étaient réinvestis de façon singulière dans les films : tout en manipulant ces objets (téléphones, ordinateurs) nous portions sur eux un regard à la fois critique et poétique. J’ai pu réaliser deux films qui utilisaient des captures d’écran d’ordinateur où l’idée était justement, à chaque fois, de déplacer les frontières, de représenter le monde numérique comme un espace que l’on pouvait habiter de façon imaginaire.

Aujourd’hui je poursuis des études de cinéma et je pense que cela a durablement influencé mon regard de spectateur, en aiguisant ma curiosité pour les films qui inventent leur propre dispositif, loin de toute convention.

Occitane

J’ai participé à l’atelier de réalisation en 2015-2016 et en 2016-2017. Je crois me souvenir que je ne me rendais pas vraiment compte, à l’époque, de l’importance que cette expérience allait revêtir pour la suite de mon parcours. Je peux affirmer aujourd’hui que sans les thématiques auxquelles nous ouvrait l’atelier, je n’aurais jamais eu l’idée du thème de recherche qui m’a accompagnée tout au long de mon master à l’ENS et qui se trouve à l’origine de mon actuel sujet de thèse : le fantôme numérique. C’est en effectuant une seconde fois l’exercice inaugural, l’autoportrait numérique, que j’ai commencé à réfléchir, par exemple, aux questions de ce que j’appellerais avec Yves Citton et Anthony Masure « subjectivité computationnelle » ou à l’expérience de la cyberflânerie, un très beau nom trouvé par Maren Hartmann. À l’époque, ces notions se manifestaient sous la forme d’intuitions que les pratiques de réflexivité sur nos usages en ligne auxquelles nous habituait l’atelier faisaient germer chez moi.

Il n’est pas rare qu’en me promenant dans les festivals de cinéma expérimental, un film m’évoque le travail que nous menions dans la salle de montage, les conseils que nous donnaient Frédérique, Emmanuel ou Clément, les questions qu’ils et elle nous invitaient à nous poser sur la vidéo, le desktop movie, les media, le filmage au téléphone, et ce, très en avance sur l’avant-garde, m’aidant à entrer avec aisance dans le champ merveilleux de la théorie des médias.

Clément Dorival, Frédérique Hammerli et Emmanuel Roy

Plus de 20 films ont été réalisés durant le projet. En voici une sélection : https://lamaisonetlemonde.net/plateforme

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