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Il y a une évolution anthropologique puissante ; nous n’avons plus le même regard, et encore davantage les publics auxquels nous nous adressons. L’éducation à l’image s’adresse à des yeux que ne “marchent pas pareil” ; il faut donc être conscient que si l’on a dans la mémoire de son regard les vibrations du 35 mm, les interlocuteurs ne l’ont pas. Comment ajuster ces différents regards, et les mémoires des regards ? Ceci passe par l’expérience des supports, un travail d’identification, ceci est aujourd’hui de l’ordre de la “rééducation”. Ces évolutions posent aussi la question de notre asservissement à la beauté, et celle de se rendre libre face à cet asservissement : comment ai-je été asservi ? Conquérir l’envie de l’interlocuteur d’aller voir lui-même, d’essayer, d’expérimenter, et de regarder – avec les yeux, et les oreilles.

À propos des documentaires inscrits au dispositif Lycéens et apprentis au cinéma :
– Réfutation de la dimension documentaire de Valse avec Bachir d’Ari Folman.
– Une géographie restreinte est pointée : absence ou très faible représentation de films chinois (et asiatiques), russes et latino-américains ; L’Histoire du Japon racontée par une hôtesse de bar de Shohei Imamura est fortement conseillé.
– Le fait qu’il n’y ait aucun film de Jean Rouch est relevé. Jaguar est donné comme particulièrement stimulant.

Quelques jalons bibliographiques et inspirations pour cette intervention :

– Le colloque “De la création à l’exposition : les impermanences de l’œuvre audiovisuelle” à l’Institut National du Patrimoine, en novembre 2010. Tout particulièrement les interventions de Marc Vernet (“Qu’est-ce qu’un film, hors du cinéma ?”) et de Jacques Aumont (“Avant-garde et classicisme”).
http://mediatheque-numerique.inp.fr/index.php/actes_de_colloque/archimages/de_la_creation_a_l_exposition_les_impermanences_de_l_oeuvre_audiovisuelle
– Raymond Bellour, La Querelle des dispositifs, P.O.L., 2012, 576 pages. Ouvrage qui débute par un dialogue fertile, où est posée la question de comment définir/redéfinir et penser/repenser aujourd’hui le cinéma.

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