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Même s’il n’est pas toujours si simple d’accéder à des copies de qualité, les cinémathèques et les institutions qui conservent des films permettent aujourd’hui aux programmateurs et aux distributeurs de puiser des œuvres dans toute l’histoire du cinéma, de construire des sélections de films de « répertoire » ou de « patrimoine » au bénéfice de tous les publics en salles ou dans les festivals. Aborder l’archive, c’est approcher un autre continent et soulever d’autres questions. Jamais personne ne qualifie par exemple La Règle du jeu (1939) de « film d’archive ». Pourtant, s’il s’agissait de proposer à des adolescents d’inventer une nouvelle bande sonore ou un nouveau montage pour une séquence du même film de Jean Renoir, éventuellement de mêler ces images à d’autres, l’exercice transformerait le regard porté sur le film qui deviendrait un matériau, une « archive » à partir de laquelle il est possible de créer. C’est le réemploi d’images plus anciennes, préexistantes, le fait de changer leur fonction initiale, en en proposant une nouvelle lecture ou une nouvelle présentation, qui fait émerger, entre autres, le qualificatif « d’image d’archive » [1]. Dans le cadre d’une démarche pédagogique, travailler l’archive induit donc naturellement une position active et souvent créative pour les élèves ou les participants.

[1] Sur la difficulté à définir cette notion, voir l’introduction de Julie Maeck et Matthias Steinle à l’ouvrage qu’ils viennent de diriger : L’image d’archive, une image en devenir, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016, 340 p.

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