Proposée dans le cadre de la Rencontre nationale des Pôles régionaux d’éducation aux images, organisée à Rouen les 16 et 17 mars 2026, cette table ronde visait à mieux identifier et valoriser le rôle des festivals dans les dynamiques d’éducation aux images sur les territoires.
Publié le 03/09/2026, Mis à jour le 03/09/2026
Cette table ronde avait pour objectif de mettre en lumière les festivals de cinéma en tant qu’acteurs majeurs de l’éducation aux images, en complément des salles de cinéma, des dispositifs tels que Ma classe au cinéma et des opérations destinées aux 15-25 ans, comme Jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices du cinéma, présentées lors d’une autre table-ronde de la Rencontre nationale des Pôles 2026.
À travers les témoignages de quatre festivals implantés sur des territoires différents, les échanges ont permis de mettre en valeur la diversité des actions menées, des pratiques développées et des formes d’innovation mises en œuvre en faveur de l’éducation aux images, notamment dans leur capacité à toucher une grande variété de publics. Au-delà de ces retours d’expérience, cette table ronde a également mis en évidence les spécificités des festivals et leur place singulière dans le paysage de l’éducation aux images.
Modération :
- Marie Chèvre – Chargée de mission action culturelle et éducative, l’Agence Unique Occitanie Culture
Intervenant·es :
- Manon Guérin – Déléguée générale du Festival Plein la bobine
- Camille Sanz – Déléguée générale du Poitiers Film Festival
- Noémie Boissay – Co-coordinatrice du Festival Résistances
- Félix Chrétien – Directeur artistique du Festival du Film de Cabourg
- Sébastien Duclocher – Délégué général du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand et coordinateur du Pôle régional d’éducation aux images
Le replay complet de la table ronde
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00:00:00 – Introduction de la table ronde
00:03:26 – Présentation des festivals (Plein la Bobine ; Poitiers Film Festival ; Résistances ; Festival du Film de Cabourg)
00:07:38 – L’accueil des groupes/classes pendant le festival
00:28:11 – Les espaces d’expérimentation et d’ateliers pratiques
00:35:10 – L’enjeu de la mobilité : accès aux festivals et stratégies territoriales
- 00:43:37 – Les publics acteurs des festivals
- 00:45 – Confier la programmation
- 01:01:18 – Confier les jurys
- 01:08:52 – Confier la critique
- 01:32:00 – Confier l’animation et la médiation
01:39:04 – Impliquer des publics autour du cinéma
01:47:58 – Conclusion de la table ronde
Présentation des festivals et de leurs particularités en matière d’éducation aux images
Malgré des approches très différentes, tous les festivals invités partagent une même conviction : le festival n’est pas seulement un lieu de projection, c’est aussi un espace d’apprentissage, d’expérimentation et de rencontre.
Festival Plein la Bobine
© Festival Plein la Bobine
Manon Guérin présente le Festival Plein la Bobine. Dédié au jeune public, il s’adresse principalement aux élèves de la maternelle au lycée. L’une de ses particularités est de faire des enfants et des adolescent·es les « acteurs et actrices de leur événement. »
Tout au long de l’année, des classes participent à la préparation du festival en occupant différents rôles : programmation, jurys, médiation, régie, décoration ou animation d’ateliers. À travers des parcours immersifs, le festival cherche à favoriser l’appropriation de l’événement par les jeunes et à leur proposer une expérience collective mêlant découverte des œuvres, pratique et participation. Les dispositifs sont pensés pour être prolongés après le festival, grâce à des ressources et des outils accessibles.
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Poitiers Film Festival
© Poitiers Film Festival
Camille Sanz présente le Poitiers Film Festival, qui fêtera ses cinquante ans en 2027.
« L’ADN est le même depuis sa création : les films d’école de cinéma et c’est ce qui va irradier dans toutes nos programmations.»
Le festival s’organise autour de trois grands axes : une programmation ouverte au grand public, un volet professionnel consacré à l’accompagnement de jeunes cinéastes dans l’écriture et le développement de leurs premiers projets et un programme d’éducation à l’image. Cette dernière dimension occupe une place centrale : sur les 24 000 à 25 000 entrées annuelles du festival, environ 10 000 correspondent à des publics scolaires. L’éducation aux images constitue ainsi l’un des piliers structurants du festival.
Les actions proposées – ateliers, programmation, critique, radio ou rencontres – s’inscrivent dans des parcours qui se déploient avant, pendant et après le festival, en lien avec les établissements scolaires et les partenaires du territoire.
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Festival Résistances
© Festival Résistances
Noémie Boissay souligne la singularité du festival Résistances, dont la programmation est élaborée par un collectif de bénévoles. « Personne n’est professionnel de la programmation mais tout le monde apprend à le devenir. »
Le festival se distingue par son caractère thématique et non compétitif. Chaque année, quatre thèmes sont définis et donnent lieu à une recherche de films très variés — documentaires, fictions, courts métrages, films de patrimoine ou œuvres récentes — en résonance avec ces questionnements.
Cette organisation reflète un projet de festival où l’éducation aux images est envisagée comme un outil de réflexion critique et de débat autour des grands enjeux de société.
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Festival du Film de Cabourg
© Festival du Film de Cabourg
Félix Chrétien présente le Festival du Film de Cabourg, qui s’apprête à célébrer sa quarantième édition. Consacré au cinéma romantique, il propose une compétition de longs métrages, une compétition de courts métrages, ainsi que de nombreuses avant-premières. Pendant quatre jours, il investit différents lieux de la ville, avec des projections organisées du matin jusqu’à tard dans la soirée.
L’accueil des scolaires est intégré à la programmation et le festival développe en parallèle des actions d’éducation aux images à destination des publics scolaires. Parmi elles, le concours Jeune Critique invite les participant·es à exercer leur regard sur les œuvres. À travers ces propositions, le festival souhaite accompagner les jeunes dans la découverte des œuvres tout en développant leur capacité d’analyse et d’expression.
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Ce qu'on peut retenir de la table ronde
Les échanges ont fait émerger plusieurs enseignements sur le rôle et les actions des festivals en matière d’éducation aux images :
- Les festivals sont des lieux d’expérience. Ils permettent de vivre le cinéma autrement : découvrir plusieurs œuvres, rencontrer des réalisateur·rices et des professionnel·les, participer à des ateliers, explorer les coulisses d’un événement culturel et partager une expérience collective.
- Les publics deviennent pleinement acteurs. Au-delà de la place de spectateur·rice, les festivals offrent de nombreuses possibilités d’engagement : programmation, jurys, critique, médiation, bénévolat… Autant de façons de s’approprier les œuvres et de développer un regard actif sur le cinéma.
- La rencontre est au cœur de l’éducation aux images en festivals. Rencontres avec les œuvres, avec celles et ceux qui les créent, avec les professionnel·les, mais aussi entre participant·es : ces échanges nourrissent la réflexion, le dialogue et le partage.
- Les festivals offrent des espaces d’expérimentation par la pratique. Les ateliers de réalisation, de critique, de programmation, de radio ou d’autres formes de création permettent d’expérimenter les langages de l’image tout en développant l’esprit critique.
- Les festivals s’inscrivent dans des parcours de longue durée. Ils prolongent ou amorcent des actions d’éducation aux images menées tout au long de l’année les partenaires locaux
- Les festivals ouvrent leurs actions à des publics très divers : les jeunes en temps scolaire avec tous types d’établissements (généraux, professionnels, agricoles…) ou hors temps scolaires mais aussi publics adultes relevant du champ social (CADA, accueils de jour pour personnes SDF…)
- Les festivals participent pleinement à la vitalité culturelle des territoires. En allant à la rencontre des publics, en développant des actions hors les murs ou en facilitant l’accès aux œuvres de façon décentralisée, les festivals contribuent à réduire les inégalités d’accès à la culture et à renforcer le lien entre cinéma et habitant·es.
Au fil des échanges, un constat s’est dessiné : les festivals sont des créateurs de liens. Ils ne sont pas seulement des lieux où l’on regarde des films. Ce sont des espaces où l’on découvre, où l’on expérimente, où l’on rencontre les autres et où chacun·e peut trouver sa place. Autant de raisons qui en font des acteurs essentiels de l’éducation aux images et de la vie culturelle des territoires.






