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Videomaton et webcam : les débordements de l’intime

« Videomaton » au début des années 80, les webcams en ligne au milieu des années 90 constituent deux expériences audiovisuelles qui annoncent la circulation massive de l’image de soi dans les médias sociaux. L’émission « Videomaton » a tranché avec la télévision-paillettes de son temps. Jeunes, vieux, garçons, filles, se présentaient tels qu’ils étaient, sans apprêt, sans maquillage, dans une cabine de prises de vues pour transmettre un message personnel. Les webcams ont diffusé sur le net les images de particuliers filmées chez eux, par leurs moyens personnels. Loin des plateaux illuminés, hors des formats déterminés par le jeu ou le reportage, sans objectif avoué, ces productions reposaient sur la simple présence de soi devant la caméra et l’intérêt que trouvaient les autres à la contempler. Ce type de contenus, mis à la portée de toutes et tous, a encouru les reproches d’exhibitionnisme et de voyeurisme dans la presse intellectuelle et les publications éducatives. Cependant, ils témoignaient sans doute du besoin de renouveler le spectacle habituellement diffusé par les médias et de faire société par écran interposé. Il reste que ces deux exemples de mise en scène de soi ont obéi, par leurs dispositifs, à des logiques opposées. D’un côté, l’accueil du tout-venant pour des interventions au temps limité dans un espace neutre. De l’autre, un film dédié à une unique personne, dont le décor est le chez soi, pour un temps sans borne. Quelles ont été leurs motivations ? A quels usages s’ouvraient-elles ? Traiter ces interrogations nous invite à considérer de plus loin les images personnelles que nous faisons circuler aujourd’hui.

Le texte proposé ici est le dernier épisode d’un article en trois épisodes :

L’émergence d’internet et la télévision
La fin du cinéma ?
– Videomaton et webcam : les débordements de l’intime


Joël Danet – Laboratoire SAGE – UMR 7363 – DHVS – Université de Strasbourg

Cette recherche s’appuie sur les ressources et les fonds de l’INA Grand Est et de Vidéo Les Beaux Jours – membre Grand Est de la Cinémathèque documentaire. This research received funding from the European Research Council (ERC) The healthy self as body capital (BodyCapital) project under the European Union’s Horizon 2020 research and innovation programme (grant agreement No 694817).

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